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Le cloître de l'abbaye aux Hommes - Caen (Calvados)

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Après les Normands de Sicile évoqués dans les derniers billets de ce blog, si l’on en revenait aux Normands de Normandie ? Et au plus célèbre des Normands, s’il vous plaît : le duc Guillaume, futur conquérant de l’Angleterre, qui autour de l’an 1050 épouse Mathilde, fille du comte de Flandre et descendante d’Hugues Capet. Pour des raisons officiellement religieuses - les deux promis sont lointains cousins - et plus probablement politiques - leurs fiefs respectifs deviennent un peu trop puissants pour être encouragés à s’allier - le pape Léon IX interdit cette union. Guillaume et Mathilde passent outre, et neuf ans plus tard obtiennent la validation du mariage par le pape Nicolas II à condition de fonder chacun une abbaye. Toutes deux seront créées à Caen, ville alors en pleine croissance dont Guillaume veut faire la deuxième capitale du duché, plus centrale que Bayeux et ancrée dans une Basse-Normandie longtemps rétive à son pouvoir.  A l’est de la ville, Mathilde fonde l’abbaye au...

Santa Maria Nuova - chiostro del Duomo - Monreale (Sicile)

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  Après le joli cloître-jardin de Saint-Jean-des-Ermites, restons dans l’architecture arabo-normande sicilienne… mais dans une toute autre dimension ! Une petite dizaine de kilomètres au sud-ouest de Palerme, la ville de Monreale abrite l’un des plus beaux chefs-d’œuvre du genre : la cathédrale Santa Maria Nuova, édifiée à partir de 1172 sous le règne de Guillaume II, petit-fils de Roger II et troisième roi normand de Sicile. Si l’on en croit les récits d’Ibn Jaybar, voyageur et écrivain originaire d’Al-Andalus, les Musulmans ont encore une influence notable à la cour de Guillaume, qui lit et écrit lui-même l’Arabe. Toutefois, c’est plutôt l’influence byzantine qui s’affirme dans la nouvelle cathédrale, aux murs intérieurs couverts d’extraordinaires mosaïques dorées : un Christ Pantocrator dominant tout l’édifice du haut de l’abside, une cour de saints, d’évangélistes et d’archanges, des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament tout le long de la nef. Le résultat, très spectacu...

San Giovanni Degli Eremiti - Palerme (Sicile)

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Si c’est en Espagne que les Arabes ont laissé l’héritage le plus spectaculaire de leur passage en Europe, la Sicile recèle aussi quelques bijoux plus discrets influencés par leur présence. L’église San Giovanni Degli Eremiti de Palerme, avec ses coupoles rouges et son petit cloître-jardin ombragé, est l’un d’entre eux.  En Sicile, maintes fois colonisée, les influences sont multiples. Les Phéniciens, les Grecs, les Carthaginois, les Romains y laissent tour à tour leurs traces, puis les Vandales, les Ostrogoths et Byzance, qui occupe l’île pendant deux siècles jusqu’à ce que les Arabes entrent en scène. Palerme est prise en 831 avec l’aide de l’émirat de Cordoue, et au bout d’un siècle et demie de conquête, toute l’île passe sous domination musulmane.  Fragilisés par des crises politiques, les Musulmans sont à leur tour remplacés par une dynastie de mercenaires normands, les Hauteville. Une fratrie de petits hobereaux sans fortune, partis tenter leur chance à travers la Méditer...