Chiostro dei Canonici - palais canonial de Vérone (Vénétie)
C’est de ces lieux secrets que l’on découvre par hasard.
Au bout d’une journée de visite à travers Vérone, les jambes se font lourdes, la tête étourdie de tant de merveilles. L’envie s’impose d’un lieu calme où souffler un moment sans encore renoncer au soleil. A gauche du Duomo, une arche de pierre discrète m’attire vers une ruelle ombreuse...
Puis derrière un porche anonyme, au détour d’un corridor, se dévoile cette galerie couverte où la lumière déclinante crée de superbes jeux d’ombre, ce carré de jardin corseté de hautes façades austères. Ô bonheur, un cloître inespéré !
Quelques touristes se prélassent dans un rayon, comme je m’apprête à le faire. Dans un angle, une rose saumonée semble refléter, adoucie, la couleur brique du mur. Au centre de la pelouse, un vieux puits posé sur deux marches de pierre, veillé par des fenêtres aux volets verts. Par derrière, la cathédrale Santa Maria Matricolare élance ses clochetons bicolores, son campanile blanc, présence imposante et tutélaire.
Nous sommes au cœur d’un ensemble architectural religieux aussi complexe qu’ancien, où les fouilles archéologiques révèlent de nombreux éléments paléochrétiens.
La première basilique chrétienne fut fondée là sous les Valentiniens, dans la deuxième moitié du IVe siècle, puis remplacée à plusieurs reprises par des monuments qu'on imagine à chaque fois plus grands, à chaque fois plus beaux, dont témoignent encore des fondations de murs, de belles mosaïques. Pendant ce temps, l'Empire romain s'effondre, la région passe sous le contrôle des Lombards puis de Charlemagne qui en fait pour quelques siècles une dépendance du Saint-Empire romain germanique.
En 1117, un grand tremblement de terre jette tout à terre : il faut reconstruire. L’essentiel des bâtiments visibles aujourd’hui remonte à ce moment-là, alors que la ville, constituée en commune, commence à défier la domination allemande : le Duomo, chef d'œuvre de l’art roman consacré en 1187...
...la petite église de Sant’Elena, nichée juste à côté...
le merveilleux baptistère de San Giovanni in Fonte (1123)...
...par derrière, le palais de l’évêché et là où nous sommes, le palais Canonial, siège du chapitre des chanoines de la cathédrale à qui la vie communautaire fut imposée en l’an 806 par l’évêque Rathold de Vérone.
Outre ce joli cloître où il fait si bon profiter du printemps, le palais accueille une bibliothèque dont la fondation remonte au Ve siècle - quelque part entre la chute de l’Empire romain et l’occupation ostrogothe - ce qui en fait l’une des plus anciennes d’Europe encore en activité. D’ailleurs, on ouvrirait bien un livre, là, sur un coin de parapet…
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Visite le 17 avril 2022











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