Notre-Dame de Nazareth - Vaison-la-Romaine (Vaucluse)
Non loin des bords de l’Ouvèze, sur un terrain plat à l’écart de la ville moderne comme de la haute cité médiévale, la cathédrale Notre-Dame de Nazareth dresse ses murailles austères sur des fragments de monuments antiques.
Une civilisation effondrée en nourrit une autre qui se réinvente au fil des siècles, face aux aléas des guerres et aux morsures du temps.
Autrefois l’une des plus riches villes de la province romaine de Narbonnaise, Vaison devient dès le IVe siècle le siège d’un évêché, qui en fait un centre religieux assez important. L’église-mère en est Notre-Dame de Nazareth, au cœur de la ville qui s’étend alors le long de la rivière dans la continuité de la vieille cité gallo-romaine.
En ce temps-là, l’histoire des territoires est complexe, soumise aux jeux d’alliances et de succession. Vaison appartient au comté de Provence, lui-même dépendant du royaume de Bourgogne sous influence du Saint-Empire romain germanique. Mais dans les années 1080, ce sont les comtes de Toulouse qui en héritent et le siècle suivant est une succession de conflits armés entre les nouveaux maîtres des lieux et les évêques de Vaison.
Les bâtiments ecclésiastiques sont ravagés. Ce n’est qu’au début du XIIIe siècle que les chanoines peuvent en entreprendre la reconstruction, à l’époque où la population délaisse la vallée devenue trop dangereuse pour s’installer sur les hauteurs de la colline sous la protection du château comtal. L'âge d’or de la ville basse est révolu.
En 1271, la croisade des Albigeois se termine par l’annexion du comté de Toulouse par le roi de France, mais il faut encore près de cent ans pour qu’avec la Bourgogne, la Normandie et la Champagne, le comté soit définitivement intégré au royaume de France. Un peu plus tard encore, les ravages de la guerre de Cent Ans entraînent l’abandon de Notre-Dame de Nazareth au profit de Sainte-Marie-de-l'Assomption, la nouvelle cathédrale édifiée à partir de 1464 dans la ville haute. Le temps poursuit son œuvre, jusqu’au grand élan de redécouverte des monuments oubliés, au début du XIXe siècle.
En 1840, Notre-Dame de Nazareth fait partie de la première liste de monuments historiques à protéger, en même temps que le pont romain tout proche, le palais des papes d’Avignon ou Notre-Dame de Die - pour ne citer que quelques exemples dans la région.
C’est sur des bâtiments en bien piètre état qu’une première campagne de restauration moderne, plus ou moins heureuse, est entreprise. Les bâtiments d’habitation des chanoines et le palais épiscopal ont définitivement disparu. La galerie méridionale, elle, devra être reconstruite pour refermer le cloître.
Difficile d’imaginer une histoire si tourmentée lorsque, en poussant une petite porte dans la pénombre de la vieille église, on découvre ce paisible carré de verdure baigné par le soleil du sud.
Quatre carrés de buis y encadrent un petit autel de pierre - ou est-ce un bénitier rudimentaire, dans lequel les orages laissent tout juste de quoi abreuver un oiseau ? Dans un angle, un olivier encore jeune fait miroiter son feuillage vert-de-gris mais le grand conifère qui enfouissait tout de son ombre a aujourd’hui disparu. Reste celle des galeries transformées en petit dépôt lapidaire, sous le regard des créatures étranges ornant quelques beaux chapiteaux historiés.
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Découverte le 17 août 2005
Nouvelles visites le 24 juillet 2010 et le 29 août 2014
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