Catedral de la Encarnación - Almería (Andalousie)

 


C’est un carré de pierre écrasé de soleil, trop minéral pour qu’on ait envie de s’y attarder bien longtemps. Un peu de fraîcheur, tout de même, indispensable dans le climat andalou : le murmure d’une petite fontaine juste au milieu de la cour, l’ombre de quelques longs palmiers qui projettent leurs panaches vers le ciel.

La découverte de ce cloître néoclassique, aux arcades régulières, est une surprise lorsqu’on pénètre pour la première fois dans l’enceinte de la cathédrale de l’Incarnation, bâtie comme une forteresse dans le centre d’Almería. 


Au début du XVIe siècle, la ville est redevenue chrétienne depuis peu. Le grand port commercial tourné vers l’Afrique qu’elle était pendant la domination musulmane, jusqu’à la reconquête de 1489, s’est éteint au profit de Cadix, le grand port du commerce avec les Amériques. Menacée par les attaques récurrentes des pirates barbaresques et par les révoltes morisques, Almería subit en 1522 un séisme qui détruit une bonne partie des constructions. L’église qui remplaçait la Grande Mosquée est à terre. Pour la reconstruire, on décide de faire d’une pierre deux coups : la nouvelle cathédrale aura vocation religieuse mais aussi militaire.




Les travaux sont lancés en 1524 sous la direction de Diego de Siloé, l’un des grands architectes de la Renaissance espagnole, à qui l’on doit aussi les cathédrales de Grenade, de Malaga, de Guadix, de Burgos, de Guadalaja au Mexique, de Lima et Cuzco au Pérou.


Ici, le style est un gothique tardif particulièrement massif, avec des créneaux, des tours défensives, une toiture plane pour accueillir des canons, des murailles assez épaisses pour supporter une attaque d’artillerie. L’intérieur, pourtant, ne manque pas de grâce avec ses voûtes nervurées qui créent une belle impression de légèreté.


Appelé par d’autres projets, Siloé est remplacé en 1555 par Juan de Orea, d’une génération plus jeune, qui ajoute à l’édifice de nombreux éléments Renaissance. 




Comme de coutume, chaque siècle apporte sa touche : de nouvelles chapelles et décors intérieurs aux XVIIe et XVIIIe siècles...



...et à la fin du XVIIIe, le cloître de Juan Antonio Munar, qui remplace une ancienne place d’armes. 



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Visite le 19 octobre 2017

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