Mosteiro dos Jerónimos - Belém (Lisbonne)
Belém… aujourd’hui en France, le nom évoque avant tout celui d’un bateau, ce grand trois-mâts barque à l’histoire tumultueuse, dont la coque noire et blanche fait irrésistiblement rêver lorsqu’on l’aperçoit au loin sur la mer. Mais Belém, c’est avant tout un quartier de l’ouest de Lisbonne, posé sur l’embouchure du Tage là où le fleuve s’apprête à se confondre avec la mer. Un grand port, qui fut à partir du XVe siècle le point de départ de nombreuses expéditions maritimes vers l’Inde et l’Afrique, sous la direction du roi Henri le Navigateur et de ses successeurs.
En 1497, c’est de là que Vasco de Gama entame son premier voyage vers l'Orient, à la recherche du mythique royaume du prêtre Jean, qui lui fera doubler pour la première fois le cap de Bonne Espérance. Un an plus tôt, une bulle papale a autorisé la construction d’un grand monastère, sur les bords du Tage, à l’emplacement d’un ermitage dédié à la Vierge de Bethléem - d’où les lieux tirent leur nom.
La décision est d’abord diplomatique : il s’agit d’accueillir au Portugal l’ordre espagnol des Hiéronymites, voué au culte funéraire de la dynastie royale de Castille avec laquelle Manuel Ier souhaite faire alliance. Mais le début des travaux, en 1502, tombe à point nommé pour en faire une célébration du premier voyage de Vasco de Gama, alors au faîte de sa gloire et qui s’apprête à repartir.
Le chantier est colossal, financé en grande partie par les richesses rapportées des voyages d’exploration et le commerce des épices. On raconte qu’il engloutit chaque année 750 tonnes d’or !
Le premier architecte en est Diogo Boitaca, qui travaille sur le projet jusqu’en 1516 avant d’être remplacé par son collaborateur João de Castilho. D’origine espagnole, ce dernier infuse une tournure plateresque au bâtiment jusqu’alors plutôt gothique. Ses successeurs (Nicolas Chantereine, Diogo de Terralva, Jérôme de Rouen) ajouteront chacun leur touche, composant à eux tous ce style manuélin tissé de diverses influences qui caractérise le bâtiment et en fait un des grands joyaux de l’architecture portugaise.
Avec ses 55 mètres de côté, son œuvre sculptée foisonnante, le cloître n’en est pas la partie la moins spectaculaire. Bien sûr, il parle plus d’ostentation que de méditation spirituelle, mais à défaut d’y rêver de paix, on pourrait y passer des heures à découvrir les mille détails fabuleux dont il se compose.
Coup d'œil sur l'intérieur de l'église, depuis une galerie adjacente au cloître.
Les piliers et la voûte ont été décorés par João de Castilho dans le meilleur style manuélin.
Vasco de Gama et Camoens, grand poète de la Renaissance portugaise, ont leur tombeaux à l'entrée de l'église.
Depuis 1988, les cendres du poète Fernando Pessoa reposent sous une voûte de la galerie du cloître.
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Visité le 17 septembre 2019
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